L’œil du zen

Sachez voir l’être humain d’un point de vue qui n’est pas celui de l’être humain et vous comprendrez la vérité.

Kôdô Sawaki (1880-1966)

Fashion Kannon

Le bouddhisme Mahâyâna ou “ Grand véhicule “ désigne l’ensemble des enseignements bouddhistes s’appuyant sur les sûtra qui proclament la primauté de l’idéal du bodhisattva et de la compassion universelle, marquant une différence avec le bouddhisme Hinayâna ou “ petit véhicule “ basé sur la libération du soi.

Capable de prendre de multiples formes (masculin ou féminin, un visage et deux bras, deux visages et quatre bras, ou encore un visage et six bras) pour se manifester en notre monde ; Kannon est la plus populaire des divinités du panthéon bouddhique. Elle est vénérée dans tous les pays de l’Extrême-Orient : du Tibet au Japon, en passant par la Chine, la Corée, le Viêtnam, la Mongolie, et même jusqu’en Indonésie.C’est ce qui explique ses nombreux noms dans les différentes langues asiatiques, tels Kanzeon, Avalokitesvara, Guanyin, Chenrezig, Quan Âm

slow food

Quand vous faites la cuisine, ne regardez pas les choses ordinaires d’un regard ordinaire, avec des sentiments et des pensées ordinaires. Autrement dit, si vous préparez un pauvre bouillon d’herbes sauvages, qu’il ne vous inspire aucun sentiment de dégoût ou de mépris, et si vous élaborez un riche potage crémeux, que votre cœur ne bondisse pas de joie. Où il n’y a pas attachements, comment y aurait-il l’hostilité ? Ainsi, quand vous avez affaire à une matière grossière, ne la traitez pas sans égards ; faites preuve envers elle d’autant de diligence et d’attention que si vous étiez en présence d’un objet précieux. Il est important que votre esprit ne change pas selon la qualité de l’objet. Si votre esprit dépend des choses, c’est comme si vous changiez d’attitude et de langage selon la qualité de la personne que vous rencontrez.

Eihei Dôgen

_ Le fascicule “ Instructions au cuisinier zen “, Tenzo Kyôkun, est tiré du recueil intitulé Eihei shingi ( La Règle Pure du temple Eihei-ji ) . Il a été rédigé en 1237 alors que Dôgen avait trente-sept ans.

le blues de la grenouille

La sécheresse était grande, cet été-là à Osaka ! Ce n’était plus une vie pour la grenouille, qui se dit : “ Allons à Kyoto, là, au moins, il y a un beau paysage et surtout de l’eau ! “ À la même époque, la sécheresse sévissait à Kyoto. Ce n’était plus une vie pour la grenouille, qui se dit : “ Allons à Osaka, là, au moins, il y a un beau paysage et surtout de l’eau ! “ Les deux grenouilles se rencontrèrent à mi-chemin, au sommet d’un mont, et se racontèrent les raisons de leur voyage ; se persuadant de contempler chacune du haut du mont, l’objet de leur vœu, elles se mirent alors à enfler et leurs yeux grossirent ; la grenouille de Kyoto aperçut Kyoto, l’autre vit Osaka !  En colère, celle d’Osaka dit : “ Mais Kyoto c’est comme Osaka ! “ L’autre dit : “ Osaka, c’est comme Kyoto ! “ Et chacune retourna d’où elle était venue. En fait, elles n’avaient fait que voir l’image, l’une d’Osaka, l’autre de Kyoto, reflétée dans les yeux de chacune.

Histoire tirée du recueil de contes zen racontés par Maître Taisen Deshimaru : “ Le bol et le bâton “

black & white

Pai-yun, un maître de la dynastie des Song, écrivit ce poème :

Où les autres demeurent,

Je ne demeure pas.

Où les autres vont,

Je ne vais pas.

Ce qui ne veut pas dire

Que je refuse autrui ;

Je veux simplement

Que le noir et le blanc soient distincts.