Interflora

Jadis, quand le Vénéré séjournait au Pic des Vautours, il cueillit une fleur et la montra devant l’assemblée. Nul ne dit mot, mais le vénérable Mahâkâshyapa sourit. Le Vénéré dit alors : «  J’ai dans la main la doctrine de la Vraie Loi qui est sans naissance et mort, véritable forme du sans-forme , et grand mystère. Elle s’exprime au-delà des mots et des lettres, en dehors des Ecritures. Je la transmets à Mahâkâshyapa. »

Mahâkâshyapa était un mendiant pur et parfait. Il n’habitait pas parmi les hommes, mais là où s’élevaient les tertres funéraires. Il ne recevait pas l’aumône de l’habit, mais il ramassait des chiffons jetés dans les cimetières et les raccordant, il les portait (kesa « funzo_e »). Il ne se nourrissait que deux fois par jour. Il est significatif que l’école du Zen désigna ce Mahâkâshyapa pour successeur direct de la Loi du Bouddha et non pas, par exemple, Ananda le plus érudit parmi ses disciples.

red

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Œufs de mouton

Un coup de baguette,
et les moutons se changent en pierres.
Un autre coup,
les pierres se transforment en moutons.

Sengaï

_nid de pierres

torture test

Chen-houei salua le Maître (Houei-neng) et lui demanda : « Lorsque vous êtes accroupi en méditation, voyez-vous ou ne voyez-vous pas ? »
Le grand Maître se leva et le frappa (de son bâton) :
« Quand je te frappe, cela te fait-il mal ? demanda-t-il.
— Cela me fait mal et, en même temps, cela ne me fait pas mal.
— Eh bien ! dit le sixième Patriarche, moi, je vois et en même temps, je ne vois pas.
— Comment cela ?
— Si je dis que je vois, c’est que je vois d’une manière constante mes propres erreurs et excès. Si je te dis qu’en même temps je ne vois pas, c’est que je ne vois pas les erreurs et les péchés du ciel, de la terre et des hommes. Voilà pourquoi, en même temps, je vois et ne vois pas. Mais toi, en quel sens dis-tu que cela te fait mal et qu’en même temps cela ne te fait pas mal ? Si tu n’as pas mal, c’est que tu es semblable aux êtres insensibles tels que les arbres et les pierres. Si tu as mal, c’est que tu es pareil aux profanes et que tu as des mouvements de haine. Ton “voir ou ne pas voir“ de tout à l’heure représente les deux extrêmes. Ton “sentir“ (ou ne pas sentir) appartient à la renaissance-et-mort. Ta nature propre, voilà ce que tu ne vois pas ! » (trad.J. Gernet)

ouverture

Le chant du Bolduc doré, rue des Pyrénées

« Pour tout le monde il est difficile de parvenir
Au sommet du Pic Magnificence*.
On y aperçoit seulement les nuages blancs
Qui passent et repassent.
Combien d’années ont vécu les pins
Et les thuyas vert sombre ?
Laissons-les ! Les voix des oiseaux
Se font rarement entendre auprès des pics rocheux. »

Daïto

*Pic Magnificence représente notre Substantiel libre et détaché de tous les objets.

_diapositive

le souffle coupé

Le vent fait flotter la bannière du temple. Deux moines sont là, qui discutent. L’un dit : “ C’est la bannière qui flotte “, et l’autre : “ C’est le vent qui se meut. “ Ils ne parviennent pas à se mettre d’accord.
Le sixième patriarche leur dit : “ Ce ne sont ni la bannière ni le vent qui s’agitent, mais c’est votre esprit. “
Les deux moines furent remplis de crainte.

Réflexions badines de Wou-men :

Ce qui se meut n’est ni le vent, ni la bannière, ni l’esprit. Qu’a donc le patriarche ? Si vous voyez la chose clairement, vous saurez que les deux moines ont reçu de l’or en croyant acheter du fer, et que le patriarche a fait une erreur en ne restant pas indifférent. Voici mon poème :

Le vent, la bannière, l’esprit se meuvent.
Je les traite tous trois d’une seule sentence.
Bien que le patriarche sache ouvrir la bouche, 
Il n’aperçoit pas le lapsus de sa parole.

Autre traduction du poème :

Vent ou bannière ou esprit,
Qu’on se passe des trois.
Quand vous parlez ,
Vous ne savez pas que vous dites des sottises.

Wou-men-kouan ou le “Passe sans porte“

_L'Éphémère