circulez !

Le sentiment de solitude est issu du mysticisme,

il reflète l’incapacité de voir le fonctionnement de la nature originelle.

La nature originelle de l’existence n’est que mouvement.

Il n’y a rien là-dedans qu’on puisse s’approprier.

Cela nous rend perplexes et légèrement insatisfaits.

On ne peut pas en rester là.

Dainin Katagiri / Retour au silence

_un conseil

C’est pas de la tarte !

Comparons la notion d’illusion primordiale et celle de péché originel. Qu’est-ce que le péché originel ? Certaines personnes affirment que manger la pomme, c’est tomber dans la sphère du relatif, c’est-à-dire distinguer et reconnaître les différences. Pourtant, ce n’est absolument pas la vision des différences qui entraîne notre chute mais notre attachement à la séparation et à la connaissance. Ne pas voir que le monde relatif des phénomènes est lui-même l’absolu, la Source subtile, constitue l’illusion primordiale. Par contre, si nous oublions l’existence des phénomènes, nous nous attachons à l’absolu. C’est l’illusion que vise la phrase : « Rencontrer l’absolu, ce n’est pas encore l’Éveil. » Étant donné que le relatif est l’absolu, l’attachement à l’absolu est l’attachement au relatif, lequel constitue l’illusion primordiale. Le péché originel est l’attachement à l’absolu ou au relatif ; c’est la saisie, l’attachement lui-même, qui constitue le « péché » et non pas l’objet auquel on s‘attache.

Nous devons comprendre qu’il nous faut croquer la pomme. Nous ne pouvons pas rester dans la sphère de l’unité où il est impossible de voir les effluents — les différences du monde des phénomènes, — nous ne pouvons pas être pareils au ciel, ce n’est pas notre rôle, et nous ne pouvons pas non plus rester attachés au monde des phénomènes. Le problème est toujours que nous nous attachons à un aspect ou à un autre, l’absolu ou le relatif.

Bernie Glassman / Le Cercle Infini / méditations sur le sûtra du Cœur.

_pommeoiseaux

 

V.O

Le chaos est le premier maillon de la chaîne de causes à effets. Au milieu du chaos, il y a le mouvement ou l’action. C’est une action de la variété la plus simple, non-dirigée, comme celle des mains et des pieds en mouvement d’un nouveau-né. Cette activité donne lieu à une conscience simple. Ces trois premiers maillons – chaos, action et conscience – sont donc les étapes de l’émergence du mental, ou de l’aspect mental de la vie.

Nishijima Rôshi 

_chaos

mots de tête

Hogen, un maître chinois,

vivait seul dans un petit temple,

en pleine campagne.

Un jour, quatre moines voyageurs survinrent

et lui demandèrent s’ils pouvaient faire

un feu dans sa cour pour se réchauffer.

Tandis qu’ils préparaient le feu, Hogen

les entendit discuter de subjectivité

et d’objectivité. Il se joignit à eux.

Il dit :

« Vous voyez cette grosse pierre.

Croyez-vous qu’elle se trouve à l’intérieur

ou à l’extérieur de votre esprit ? »

Un des moins répondit :

« Du point de vue du bouddhisme,

toutes choses étant une objectivation de l’esprit,

je dirais donc que cette pierre se trouve

dans mon esprit. »

« Ta tête doit être très lourde »,

conclut Hogen.

_tête lourde