prochaines soldes en Juillet…

Dans le monde réel, la vie et le désir ne peuvent être séparés. Là où il y a la vie, il y a le désir ; là où il n’y a aucun désir, il n’y a aucune vie. C’est ainsi que les choses fonctionnent en ce monde.  Pour être plus précis, la vie et le désir ne sont que des concepts ou des idées. Dans le monde réel, la vie et le désir se combinent en un seul fait : ils ne sont que les deux faces d’une même pièce. Nous pouvons appeler cette chose réalité, ou vie, voire désir. Ainsi, dans le Bouddhisme, le désir n’est pas un facteur gênant de nos vies, mais la vie elle-même. Il est quelque chose de pur et de sacré, et il n’est que la vérité elle-même.

Nishijima roshi / Face au vrai dragon

_soldissime

_ Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages.

“Les formes diffèrent principalement par leur aspect et leur caractère,

Les sons par leur tonalité discordante ou mélodieuse.“

 _Le sûtra du cœur

L’identité n’est autre chose que cette évidence : telle quelle, chaque chose est unique. Les phénomènes sont tous différents les uns des autres et cette différence est la seule chose que nous ayons tous en commun. Nous affectionnons l’idée qu’en tant qu’êtres humains, nous avons tous quelque chose en commun ; nous aimons, par exemple, répéter que tout le monde désire fondamentalement les mêmes choses ou prête attention aux mêmes choses, mais en réalité nous sommes tous différents. La seule chose que nous ayons en commun, la seule qui soit la même pour tous, c’est justement notre différence. Notre différence est ce qui nous rend identiques, et le Tao, la Voie, n’est rien d’autre que cette indivisibilité de l’identité et de la différence.

Prenons pour exemple le sens de la vue. En soi, voir est un phénomène unique, mais ce que nous voyons (les objets) est toujours différent. Voir (identité) et ce que nous voyons (différence) sont inséparables, et cette indivisibilité n’est autre que notre  vue.

Bernie Glassman / Le cercle infini / méditation sur le sûtra du cœur

 

phénomène

ON THE ROAD AGAIN / 4

_RD-4IMAGE G _  LE BŒUF EST OUBLIÉ, LE MOI EST TOUT SEUL _ Dans le Dharma il n’existe pas de dualité. Le bœuf est sa nature primaire : ceci il l’a maintenant compris. C’est seulement sur le bœuf qu’il put rentrer chez lui, mais maintenant le bœuf a disparu et l’homme s’assoit seul et serein. Où est passé le bœuf ? Il est à l’intérieur de lui.

IMAGE H _ OUBLIER LE BŒUF ET LE MOI _ Toutes les sensations illusoires se sont effondrées de même que les idées du sacré. Il ne demeure pas dans (l’état du “ Je suis un) Bouddha”, et il passe rapidement à travers (le stade de “ Et maintenant je me suis purifié du fier sentiment “Je ne suis ) pas Bouddha.

COMMENTAIRE DE TOKUDA SENSEI _ A ce stade tout disparaît. La dualité disparaît. Le sacré disparaît. Il est dit : “ Où est Bouddha, ne demeurez pas et si il n’y a pas de Bouddha, s’il-vous-plaît passez rapidement“.  Cette image (H) n’est pas la suite logique des images précédentes. Cette image est l’expérience du zen. Si elle ne se fait pas, l’entrainement continue mais il reste un entrainement. Avec cette expérience vous devenez un Maître. Elle signifie : abandonnez votre corps et votre esprit et tout disparaît. Ce stade peut être appelé Dharmakaya, le corps du Bouddha Universel, cosmique. En réalité, cette vacuité est le vrai Soi. Si vous ne le réaliser pas, il y a toujours “moi et l’autre“, vous restez dans la dualité. On peut dire que les entrainements de A à G restent académiques, des entrainements scolaires. Vous pouvez recevoir tous les diplômes possibles, les plus hauts degrés ; vous pouvez devenir une élite en allant jusqu’au stade de l’image G. Mais le stade “H“ ne s’atteint pas dans une école. Il ne peut avoir lieu  que sur un champ de bataille, car c’est une question de vie et de mort. Cela ne peut s’étudier de manière systématique. Pour parvenir à ce stade il faut faire d’abord l’expérience du désespoir de la souffrance maximum.

ÊTRE & NE PAS ÊTRE

Du point de vue de ce monde conceptuel, nous ignorons toujours le monde le plus important que nous sommes en train de traverser. Au beau milieu de cette réalité —« l’éveil, c’est s’éveiller », « la vie, c’est vivre », « la mort c’est mourir »—, il n’y a pas de place pour les concepts parce qu’il n’y a rien d’autre qu’une pratique en action. La vie est la manifestation entière de tout ce fonctionnement dynamique ; la mort est la manifestation entière de tout ce fonctionnement dynamique. C’est tout. Nous vivons un moment après l’autre, et cette vie bouge très vite. Maintenant, je suis en train de parler, le moment suivant je peux mourir. Cela va très vite. Dans le monde conscient, nous devons toujours comprendre avant ou après. Il ne nous est pas possible de comprendre consciemment le domaine du moment. Mais si nous surgissons dans ce monde de l’instant, nous serons capables de voir le panorama superbe que nous offre l’immensité de l’existence, parce que « l’instant » désigne le monde éternel, la source de notre vie.

Qu’entendez-vous par « mourir » ? Que nous pleurions ou que nous disions : « Je suis heureux de mourir », cela n’atteint pas la cible. A l’intérieur de nos pleurs, à l’intérieur de nos sentiments ou de notre propre expérience, nous ne pouvons rien faire. Notre responsabilité, elle est au beau milieu de la réalité où la mort signifie mourir. C’est tout. C’est très simple. Mais notre conscience ne veut pas accepter cela, elle ne veut pas voir ce que c’est. Notre conscience n’est habituée qu’au monde des concepts, ce monde d’avant ou d’après le domaine où la vie est vivre et la mort est mourir.

Mortel!Dainin Katagiri

ON THE ROAD AGAIN / 3

image_3 D

IMAGE E _ DOMPTER LE BŒUF _ L’émergence d’une première pensée conduit à la naissance d’innombrables autres pensées. L ‘éveil mène à la découverte que de telles pensées ne sont pas irréelles puisqu’elles émergent de notre Véritable nature. C’est seulement parce que l’illusion persiste qu’on les imagine irréelles. Cet état d’illusion n’est pas causé par le monde objectif mais par notre propre esprit.

“ Il doit tenir le joug serré et ne doit pas permettre au bœuf de vagabonder pour qu’il ne s’évade pas dans des endroits lugubres.  Correctement guidé, il devient propre et doux. Détaché, il suit son maître docilement.“

À ce moment votre entrainement devient  plus harmonieux et la corde n’est donc plus tendue ; le bœuf au bout de la corde suit naturellement l’homme. Vous pratiquez chaque jour et votre entrainement devient assez bon, mais insuffisant. Il faut passer à l’image suivante.

IMAGE F _ RECONDUIRE LE BŒUF CHEZ LUI.    Le combat est fini, le “profit “ et la “perte“ ne le touchent désormais plus. À califourchon sur le dos du bœuf, il fixe de son regard serein les nuages. Sa tête ne tourne pas dans la direction de la tentation. Quoique l’on tente pour l’énerver, il reste imperturbable.

COMMENTAIRE DE TOKUDA SENSEI _  L’homme chevauche le bœuf en jouant de la flûte. De nombreux grands Maîtres font de la poésie en japonais, en chinois ou même en français. Ces textes n’ont pas seulement une portée philosophique mais aussi poétique. À ce stade, il n’y a plus d’homme sur le dos du bœuf ni de bœuf qui porte l’homme. C’est la totale harmonie. Il n’est plus nécessaire de diriger le bœuf, il se dirige de lui-même.