un chasseur sachant chasser

Le Maître donna cet enseignement :

Qu’elles soient bonnes, qu’elles soient mauvaises, les actions des bouddhistes sont toutes effectuées dans une certaine intention. Les profanes n’en ont pas idée.

Jadis le Maître Eshin fit chasser un cerf qui paissait devant le jardin.

Alors quelqu’un lui demanda : “ Le Maître a l’air de ne pas avoir de compassion. En épargnant de l’herbe, est-ce que vous n’ennuyez pas cette bête ? “ Le Maître dit : “ Pas du tout. Si je ne le chassais pas, ce cerf finirait par s’habituer aux humains et s’il s’approchait d’un mauvais homme, il serait certainement tué. C’est pour cette raison que je le chasse. “

En chassant ce cerf, bien que cela eût l ‘air de manquer de compassion, il était au fond de lui profondément compatissant.

Ce fut ainsi.

Dôgen / Shôbô Genzô Zuimonki / Le Trésor de la Vraie Loi

_ESHIN

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sans queue ni tête

Il y avait un serpent dont la queue et la tête se querellaient toujours.

La queue disait : “Je suis toujours à l’arrière, toi, tu es devant, je dois toujours te suivre.“

A la fin la queue s’enroula autour d’un arbre. Elle ne voulait plus avancer.

La tête vit une belle grenouille. Elle voulait la manger, mais cela lui était impossible.

La tête permit donc à la queue d’aller en premier. Mais la queue n’avait pas d’yeux ;

elle tomba dans un grand trou, et la tête en est morte.

Le bol et le bâton / contes zen racontés par Maître Taisen Deshimaru


_serpent

le mystère de la marque verte

La forme, qu’elle soit sensation, son, image,

crée une apparition dans l’esprit,

une distinction dans le vide de l’esprit,

une empreinte.

L’esprit prend forme,

la pensée naît et crée le phénomène,

Lorsque le phénomène est vu comme consistant,

il y a illusion et création d’un moi,

perturbation, souffrance.

Lorsque le phénomène est vu comme vide,

comme un rêve, non retenu par la pensée,

le phénomène passe,

il y a non-pertubation.

Lorsque le phénomène est reconnu

comme de la même substance que l’esprit,

corps de bouddha,

c’est la siccité,

il y a équanimité, sagesse, paix.

Lorsque l’illusion se dissipe,

soudain toutes les choses s’arrêtent à elles-mêmes,

on comprend que rien ne peut jamais être atteint,

qu’il n’y a ni au-delà, ni au-delà du par-delà,

que toute recherche est vaine, inutile, pernicieuse.

On ne se repose plus sur aucune chose,

on part sur des chemins,

frappant les herbes à sa guise.

 

Nan Shan / Au sud des nuages

_marque verte

les souris de feu

L’oiseau qui vole dans le ciel le fait sans problème, mais le poisson qui sort de l’eau ne peut plus vivre du tout.

Dans l’eau, le poisson est libre, mais l’oiseau meurt immédiatement.

Certains vers vivent dans l’ordure, mais ils ne pensent pas que c’est de l’ordure.

Certains insectes aiment les plantes qui pour nous sont très piquantes,

mais les insectes ne pensent pas qu’elles le sont.

Il y a des souris de feu, qui vivent dans le feu. Il y a des crabes dans l’eau bouillante

Menzan Zuihô /Jijuyû Zanmai

 

_souris de feu