courage fuyons !

Un éléphant magnifiquement dressé avance lentement sur le chemin,

Qui voit donc une mante* habile à lui barrer le passage ?

Le noble éléphant ne fréquente pas le sentier des lapins,

Le grand éveil n’est pas lié par les petits aléas.

Ne médisez pas du ciel bleu en le regardant au travers d’une paille.

Yôka Genkaku / Shôdôka

* L’image de la mante qui dresse ses pattes pour arrêter un char se trouve dans Tchouang-tseu.

 intrépide

 

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il y a un os

“ Pour ce qui est de la peau

Quelle différence

Entre l’homme et la femme !

Mais en ce qui concerne les os

Ils sont, tous deux,

De simples êtres humains.“

Ikkyu

 

Et pourtant, et pourtant… Même dans le bouddhisme des origines, ça n’a pas été facile pour les femmes de devenir nonnes.

Dans de nombreuses traditions, les femmes ne doivent pas partager le repas avec les hommes.

En France, le pays des “droits de l’HOMME“ et qui apparemment porte bien son nom, a attendu 1945 pour donner aux femmes le droit de vote et 1965 le droit de signer un chèque.

Dans certains pays, les femmes n’ont pas le droit de conduire, des petites filles n’ont pas droit d’aller à l’école, bloquant ainsi l’évolution de certaines nations mais pas l’esclavage.

Et même de nos jours, notamment en France, dans une entreprise, à qualification égale, une femme gagnera moins qu’un homme. Pourquoi ?

 

Et pourtant dans le zen, il est dit…

_un os

 

jour & nuit

Tout ce qui apparaît se collecte en l’esprit.

Ceci réalisé, regardons en lui jour et nuit !

Vous avez examiné l’esprit

et il n’y a rien à voir.

Restez dans l’état où il n’y a rien à voir.

 

PS : Celui qui n’a pas atteint son but

peut rarement œuvrer pour celui des autres.

Milarepa

_jour-et-nuit

du vague à l’Âme

Petit comme une tête d’épingle dans les entrailles de sa mère, l’enfançon prend consistance individuelle par la séparation. Ici, à l’intérieure, c’est moi, au de-delà c’est le monde. Par le corps, issu du cosmos, mais séparé, l’idée d’un soi prend support.

A la naissance, l’enfant, vite oublieux, porte l’empreinte rémanente et le parfum du monde des bouddhas. Il baigne encore dans les eaux pures de l’ignorance, mais, choqué par le passage, confronté à la douleur, son esprit prend consistance.Exilé de la chaleur englobante du monde de l’indifférencié, il cherche à la retrouver dans le plaisir de l’absorption, du contact, du son, de la communication de cœur à cœur, par l’œil et le sourire. Le plaisir renouvelé qu’il tire de l’avatar de cette venue au monde de la forme éveille peu à peu en lui, si les conditions sont favorables, un intérêt considérable pour ce qui l’environne.

En observant l’effet de ses actions, l’enfant conçoit peu à peu une notion d’un centre agissant, une idée de lui-même.

Par l’éducation, il apprend la fonction et le nom des choses. Il amasse et emmagasine une quantité de connaissances.

De la bouche de ses parents et de ceux qui l’entourent, il entend dire qui il est.

Tout ce discourt est intégré et repris, il en devient le maître.

Bientôt la spontanéité juvénile fait place à la personnalité construite, personnalité à laquelle il est incité à adhérer en tant que membre et fonction du tissu social.

S’il n’a pas reçu simultanément une éducation spirituelle, une éducation poétique, une éducation artistique, l’enfant, le jeune adulte, sombre alors, par la mise en équation du connu, dans une aliénation profonde à sa nature originelle.

Identifié au discours construit, au langage, au nom, sa part pulsionnelle comme sa part spirituelle lui deviennent de plus en plus étrangères.

Dans la confusion, il prend conscience de la condition humaine, il cherche un chemin.

En vérité, la connaissance lui est devenue un obscurcissement !

Nan Shan / Au sud des nuages

confusion