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Jeune homme, Taisen Deshimaru rend visite dans son temple

à un moine qui allait devenir son maître, Kodo Sawaki.

Deshimaru assiste à la méditation collective en zazen dans le dojo

puis suit le maître dans ses appartements pour un entretien privé.

A peine assis, Kodo Sawaki lui sert un grand verre de saké.

Surpris, voire choqué, Deshimaru s’exclame du haut de ses vingt ans :

« Il est marqué sur le fronton du temple que ni alcool, ni ail, ni oignon ne doivent entrer dans ce lieu !

—Oui, répond Kodo Sawaki en rigolant doucement,

mais c’est pas marqué sur la porte de derrière.

Et il ajoute :

—Si tu veux commencer à suivre mon enseignement, abandonne tes idées préconçues. »

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SVP

Je ne vous demande qu’une seule chose :

n’ayez pas d’opinion sur le Bouddha et le Bouddha ne vous limitera pas ;

n’ayez pas d’opinions sur les êtres vivants

et les êtres vivants ne vous limiterons pas ;

sans opinion sur l’être, l’être ne vous ne vous limitera pas ;

sans opinion sur le non-être, le non-être ne vous limitera pas ;

sans opinion sur l’ordinaire , l’ordinaire ne vous limitera pas ;

sans opinion sur l’extraordinaire , l’extraordinaire ne vous limitera pas,

car dès que vous n’avez plus la moindre opinion sur quoi que ce soit,

vous êtes le Boddhisattva* Corps Infini.

J’appelle « voies extérieures » toutes les opinions que l’on peut se faire.

« Ceux qui suivent des voies extérieures prennent leur plaisir

dans la variété des opinions, tandis que le Boddhisattva,

au sein même de toutes les opinions reste imperturbable.

 Les entretiens de Houang-po

*bodhisattva : « être dont l’essence est l’Eveil », adepte du grand véhicule.

 

Car on doit tourner son regard vers cette opération intérieure et agir à partir de là, que ce soit lire, prier, ou, s’il convient, accomplir des œuvres extérieures. Si l’œuvre extérieure trouble l’opération intérieure, que l’on suive la voie intérieure. Mais si les deux pouvaient être unies, ce serait la meilleure manière de coopérer avec Dieu.

Tu demandes : « Comment cette coopération peut-elle avoir lieu lorsque l‘homme s’est détaché de lui-même et de toutes les œuvres, et que, comme le dit saint Denys, celui-là parle le mieux de Dieu qui, à cause de plénitude de la richesse intérieure, peut garder le plus total silence à son propos ? Là s’évanouissent images et opération, louange et connaissance, et tout ce que l’homme pourrait accomplir.»

Maître Eckhart / Les Traités

_SVP

 

éclats de Voies

Selon le “Sûtra de l’estrade“ de maître Enô*, Jinshû* écrivit :

Le corps est l’arbre de l’éveil,

L’esprit est comme un miroir clair,

Qu’on s’applique continuellement à l’épousseter

Afin que les poussières ne s’accumulent.

et Enô répondit par cette stance :

L’éveil originellement n’a pas d’arbre,

Le miroir clair n’a pas plus de support.

Depuis l’origine, pas une chose n’existe,

Où y aurait-il de la place pour la poussière ?

Ces deux poèmes sont tenus dans la tradition du Zen comme représentant l’un le Zen graduel de l’école du nord, l’autre le Zen subit de l’école du sud.

L’image du miroir comme métaphore de l’esprit désengagé est typiquement chinoise. On la retrouve notamment chez Tchouang-tseu :

Sur un miroir brillant, la poussière ne se fixe pas ;

si la poussière s’y fixe, le miroir n’est plus brillant.

Quiconque vit longtemps avec un sage

ne commet pas de fautes.

 

(Traduction Liou Kia-hway in Œuvre complète de Tchouang-tseu)

_Enô (638-713) et Jinshû (605 ?-706)

 

 

éclats