selfie

_SELFIEL’eau n’a pas de visage parce qu’elle ne reflète que le présent.

Marcel Havrenne

les Riens du Tout*

À proprement parler, les bouddhistes n’ont pas d’enseignement.

Nous n’avons ni Dieu ni divinités. Nous n’avons rien.

Ce que nous avons c’est justement ce rien, voilà tout.

Alors, comment les bouddhistes peuvent-ils être religieux ?

Quel genre de sérénité est la nôtre ? On peut se le demander.

La réponse ne réside pas dans une conception spéciale de Dieu ou de la divinité,

mais plutôt dans la compréhension de la réalité qui est devant nous.

Où sommes-nous ? Que faisons-nous ? Qui est-il ? Qui est-elle ?

Lorsqu’on observe ainsi les choses, on n’a pas besoin

d’un enseignement spécial sur Dieu, vu que tout est Dieu pour nous.

Instant après instant, nous avons Dieu en face de nous.

Et chacun d’entre nous est également Dieu ou Bouddha.

Aussi n’avons-nous besoin d’aucune idée spéciale de Dieu.

 

Shunryu Suzuki

*  voir photo et texte sur ce sujet dans « à propos »

_kesa du vide

édition limitée

— Pourquoi — lui demanda-t-il — ton livre n’est-il qu’une succession de fragments ?

— Parce que l’interdit ne frappe pas le livre brisé, répondit-il.

Mais, dans son journal, n’avait-il pas, récemment, noté : «  J’écris un livre pour restituer,

dans son intégralité, à Dieu l’image qu’avec des mots, j’ai fabriquée de Lui-même ?

«  Écrire, dans ces conditions, ne serait-il que périr du courroux divin ?

« …que périr d’une image interdite au sein de toute image ? »

 

« On ne lit jamais que ce qui manque à la lecture totale du mot — disait-il aussi.

Edmond Jabès

_fragments

présence-absence

On voit avant même de voir.

Lorsqu’on voit, on ne fait que revoir.

Shenxiu

 

Ce que nous voyons des choses, ce sont les choses.

Pourquoi verrions-nous une chose s’il y en avait une autre ?

Pourquoi le fait de voir et d’entendre serait-il illusion,

si voir et entendre c’est vraiment voir et entendre ?

 

L’essentiel c’est qu’on sache voir,

qu’on sache voir sans se mettre à penser,

qu’on sache voir lorsqu’on voit,

sans même penser lorsque l’on voit

ni voir lorsque l’on pense.

Fernando Pessoa

 

Voir c’est être délesté du moi et du mien.

Dôgen / shôbôgenzô busshô

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