sacrée nature !

Un disciple du nom d’Esshin amenait toujours sa vache avec lui

lorsqu’il allait écouter les enseignements de son maître.

Un soir, comme ils rentraient après une lecture sur l’Hoke Kyo (sutra du lotus),

la vache, avec son sabot, écrivit sur le sable du chemin ce tanka :

Ce soir, j’ai entendu que

même les herbes, même les bois,

pouvaient avoir l’esprit du bouddha.

je suis très heureuse

Car j’ai un esprit.

Quelle est la signification de ces lignes ?

La vache pensait que les plantes, les arbres n’avaient pas d’esprit.

Or, elle comprit ce soir-là qu’elle n’était qu’un animal,

mais qu’elle avait un esprit.

« Ainsi, je possède également la nature du Bouddha.

Mon maître m’a donné aujourd’hui un enseignement précieux.

Je peux le comprendre par cet esprit. »

Les arbres, les pierres, les bois, tous les éléments du cosmos entier

possèdent la nature du Bouddha.

 

Taisen Deshimaru / Le bol et le bâton

_sacrée nature

consommation raisonnée et développement durable

Dans son Recueil de la transmission de la lumière, le maître zen Keizan écrivait

à propos de ce moment d’abdication où le corps et l’esprit se dépouillent :

Une fois qu’on a atteint ce lieu, on est comme un panier sans fond ou comme un bol percé.

Quoi qu’on y mette et remette, il ne peut rien contenir, quoi qu’on y verse et reverse,

il ne peut se remplir. Lorsque cet instant survient, on dit que le fond du tonneau a cédé.

Seule l’audace peut nous conduire en ce lieu.

Le calme comme l’absence de calme sont alors délaissés — dépassés.

La méditation zen ne prend sens que sur le fond de cette rupture de toutes les digues intérieures.

Il n’existe aucune méthode qui permette de faire céder le fond du tonneau ;

ni les techniques ni le bâton ne le peuvent.

La seule façon qu’il cède, c’est de se permettre qu’il cède. La clé est là : se permettre.

Nous croyons que des pensées, des images, des malaises nous encombrent.

En réalité, seules les peurs et les confusions nous encombrent vraiment.

Atteindre ce point paraît impossible. Et pourtant, c’est facile : il suffit.

On ressent alors que la méditation n’est pas affaire de calme mais bien de liberté.

Tout devient pur et nu, lumineux et transparent. La lumière originelle irradie de votre squelette.

 

Eric Rommeluère / S’asseoir tout simplement _ Seuil

Tonneau recyclé

 

 

taiseux

Le silence ne cesse de parler.

C’est un courant continuel

qui n’est interrompu que par la parole.

Shri Ramana Maharshi

paroles paroles