Nous sommes à la remorque du langage alors que nous croyons le conduire. / Vladimir Jankélévitch

Nous ne recevons de la réalité que ce que nous y avons nous-mêmes déposé.

Nous nous trouvons enfermés dans la cage des mots

comme dans une prison que nous aurions édifiée de nos propres mains,

une prison à laquelle nous pourrons d’autant moins échapper qu’elle nous est invisible.

Il s’agit donc en premier lieu de dissiper l’illusion

d’une adéquation entre les objets réels — les phénomènes ­— et les catégories du discours.

Il faut donc refuser de se laisser entraîner sur la pente naturelle du verbe

dans cette vaine activité consistant à établir des jugements toujours partiaux

parce que partiels, mais bien au contraire user d’un langage flottant et informe,

balançant toujours entre deux assertions contradictoires

si l’on veut saisir le flux mouvant de la réalité :

_Le lieu où le « ceci » et le « cela » ne rencontrent plus leur contraire constitue l’axe du Tao.

Sitôt que celui-ci se loge au centre de l’anneau, on peut répondre à l’infinité des cas,

soit par la série inépuisable des affirmations soit par la série inépuisable des négations.

C’est pourquoi j’ai dit que le mieux encore était de revenir à l’intuition. / Tchouang-tseu

 

Jean Levi / Propos intempestifs sur le Tchouang-tseu

_oiseau de sucre

 

 

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2 Commentaires

  1. Pingback: Sem ‘vendres aüei – Rapieta


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